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Patriarche Twall sur la visite du Pape

image (photo: CNEWA) 

19 mai 2014Vous recevrez le Pape à Jérusalem...
Le Pape François vient pour commémorer la visite de Paul VI en 1964 et sa rencontre avec le Patriarche Athënagoras. Comment profiter au maximum de cette visite et veiller à ne pas nous contenter du simple « show » de la visite: il nous faudra lire et méditer ses discours, découvrir le message qu’il veut nous donner, et en faire un programme de vie.

Est-ce une terre d’extrémismes croissants, celle qui reçoit le Pape?
Le Moyen Orient vit une période de violence. La culture de violence fait des ravages, mais partout au même moment fleurissent les rencontres de dialogue pour éviter ou éradiquer cette violence. Tous doivent se mettent à l’œuvre pour la combattre: les institutions, les écoles, les mosquées et les Eglises. C’est la responsabilité de tous.

A l’occident et à la Communauté internationale, nous demandons d’arrêter l’envoi et la vente des armes, et à tous les amis de la Vierge de Fatima, nous demandons d’intercéder pour nous dans la prière. Le Seigneur est le Maître de l’histoire et nous croyons dans la Foi qu’un jour la Paix et la Justice auront le dernier mot. Je suis sûr que le Saint Père dans ses discours fera appel à plus de justice et de paix. Nous ne pouvons pas dire que c’est une terre d’extrémisme qui reçoit le Pape.

La paix s’apprend-elle à l’école?
La Paix surtout est un don de Dieu, un don confié aux hommes qui doivent la travailler et la réaliser. C’est une tâche immense, à laquelle doivent s’atteler sans relâche gouvernements et Eglises. A l’école, on apprend que l’homme doit vivre en paix, parce qu’on apprend l’horreur et les ravages que les guerres ont fait dans l’histoire. Mais il y a bien d’autres lieux d’apprentissage — ou de non-apprentissage — de la paix. La paix s’apprend dans la rue, dans les lieux de prière, dans les familles. Certains reçoivent une éducation à la paix, d’autres à la haine et la violence. Il est difficile de contredire une éducation que l’on reçoit par exemple de son père.

Comment vivent les chrétiens d’aujourd’hui à Jérusalem?
Les Chrétiens locaux d’aujourd’hui sont partie intégrante de leur peuple: le peuple palestinien. Ils souffrent avec lui, et ensemble ils aspirent à un Etat indépendant avec des frontières définies, selon les lois et les résolutions internationales. Vivre en Terre Sainte c’est accepter de vivre la dimension dramatique de Jérusalem, cette ville sainte qui a fait pleurer Jésus Lui-même. Mais cela sans jamais oublier que nous sommes aussi l’Eglise de la Résurrection, de la joie et de l’espérance.

Le christianisme, au Moyen Orient est-il en train de disparaître?
Non jamais. Le Christianisme, sous le poids de la croix et de la persécution, se purifie. Il y a des chrétiens qui partent mais il y a aussi des chrétiens qui arrivent. Nous n’avons pas le droit d’avoir peur si nous croyons aux paroles du Maitre: « N’ayez pas peur (...). Je suis avec vous jusqu’à la fin des temps ». Au contraire les chrétiens voient dans leur Eglise une protection et un refuge.

Comment voyez-vous, depuis Jérusalem, les conflits que dilacèrent le Moyen-Orient?
Il y a trop de « télécommandes » qui agitent ou apaisent les conflits au Moyen Orient de l’extérieur. C’est une politique d’intérêt. Les peuples du Moyen Orient ne sont plus libres de décider de leur propre sort. La guerre en Syrie est le signe d’une politique aveugle qui ne mesure pas assez les conséquences d’une intervention militaire, et les ravages que peuvent causer une guerre pour un peuple. Une politique aussi qui ne fait que détruire, qui ne construit plus et qui n’assure plus l’avenir de son pays.





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